Ce qui reste

| le 17/08/26, à Molain |

« J’ai commencé à m’attacher à une femme qui parlait à des fantômes que je ne pouvais pas voir. »

Stone Butch Blues

La bande son de cette lecture : Über en colère – Alber Jupiter

En voilà un drôle d’été.

Un été à attendre la pluie dans des maisons où on vit dans le noir.

On crée quoi quand tout brûle ?
On replante quoi dans les cendres ?
On fait quoi à part attendre ?

L’automne me manque.

Dans la moiteur de l’été, j’ai fait des au-revoirs difficiles, prononcé des bonjours plus doux, et accueilli des demi-sommeils presque fiévreux. J’ai été über en colère, j’ai ri et j’ai joué (mal) du banjo. J’ai servi des frites, couru dans la montagne, flotté sur le lac et fait des kilos de houmous pour que la soirée s’étende à la nuit. J’ai levé mon verre et j’ai pleuré. Les haricots du jardin ont brûlé sur leurs pieds.

En juillet, j’ai aussi dormi dans un camping abandonné des humains mais habité des merles, dans la campagne belge. J’y ai appris à capturer les sons qui m’entourent, les mettre bout à bout, les empiler et raconter des histoires qui ne mènent à aucune conclusion.

J’ai crée ma première « pièce radiophonique », puisque c’est ainsi que ça s’appelle. Elle parle de ce qui n’est plus là et des traces de l’absence. Elle n’est pas parfaite, elle aurait mérité plus de temps de travail, mais elle me plaît.

Je crois que je trouverai toujours plus facile de parler avec autre chose que des mots.

Vous pouvez l’écouter ici (avec un casque audio, de grâce) : Ce Qui Reste.