Dès le début de ce projet avec un groupe de détenus du Centre pénitentiaire de Longuenesse, une question s’est posée en fil rouge : que raconter de soi quand on est réduit, aux yeux des autres, à une seule identité – celle de détenu ?
À partir de là, j’ai proposé un travail autour du récit personnel. Prendre le temps d’écrire, de choisir ce que l’on veut dire de soi, ce que l’on veut incarner, au-delà des étiquettes.
Les participants ont ensuite tiré trois grands symboles de leur identité, et ont créé des bannières en tissu et peinture les représentant. Inspirées des étendards, elles deviennent ici des formes personnelles et intimes, presque des portraits symboliques.
En parallèle, nous avons installé un studio d’enregistrement portatif dans la prison. Certains détenus ont été initiés à la prise de son, et ont enregistré les récits des autres. Les textes écrits ont ainsi trouvé une seconde forme, cette fois orale.
En trois rencontres, nous avons expérimenté différents médiums artistiques pour tenter de créer un dialogue entre le visible et l’audible : des bannières à regarder, et des voix à écouter.
L’ensemble compose une série de récits singuliers, où chacun reprend, à sa manière, la possibilité de se présenter autrement.
[Visuels non-disponibles – non-autorisés]