Pierre-Papier-Ciseaux

[11/12/2025]

et la tempête d’eau salée sur les falaises

Bon matin les copaines,

Novembre est un mois où il faudrait rester au coin du feu à lire des livres et écouter Luster, de Maria Somerville. C’est aussi, avec Décembre, le mois où mon emploi du temps est le plus chargé, ce qui est toujours plutôt un poids (vu que mon idéal serait d’hiberner). Heureusement, Novembre 2025 fut pour moi le mois du fanzine. J’ai installé ma fanzinothèque l’Agrafeuse pendant toute une semaine à Besançon, et j’ai animé des ateliers qui m’ont emplie de joie. J’y ai parlé de fanzines chaque jour et j’ai rencontré des personnes super chouettes, qui avaient des projets mais ne savaient pas trop comment les réaliser. Alors j’ai essayé de les aiguiller, du mieux possible, en leur donnant plein d’options et en dégainant des fanzines que m’ont envoyés des dizaines et des dizaines de gens au fil des années, pour trouver l’inspiration. Je me réjouis de voir ce que ces personnes vont créer, certaines pour la première fois !

Aussi, l’équipe qui organise avec ténacité Cork Zine Fest en Irlande m’a invitée à faire une résidence d’une semaine à Cork pour créer un fanzine et l’imprimer tout vite avant leur marché, prévu à la fin du séjour. Elles m’avaient demandé de participer à une table ronde pendant le weekend, et c’était incroyable de parler du « quoi, comment, pourquoi » de ce qu’on fait avec nos ciseaux et nos bouts de papiers. En plus, les deux autres invitées étaient vraiment super ! Il y avait Kat Foyle, qui est artiste et organise des événements autour de la BD et du fanzine BD à Dublin ; et Helen O’Keeffe, également artiste qui fait des fanzines avec des jeunes qui sont en galère à Cork. C’est ainsi que s’est terminé le mois sensé être le plus triste de l’année. En prenant la route pour un endroit cher à mon cœur, où j’ai vécu pendant trois ans et où m’attendent certain.e.s de mes meilleur.e.s ami.e.s.

J’ai pris ces photos il y a des années, alors que je venais de m’installer à Cork. Quelques temps plus tard, je me lançais dans l’organisation de la toute première édition du Cork Zine Fest. C’était fait avec des bouts de ficelle  mais ça avait le mérite de réunir des dizaines d’artistes du pays, et finalement c’était assez ambitieux, quand j’y repense. C’était le seul événement de la sorte en Irlande à ce moment-là. En parallèle, avec certains de mes amis musiciens, on montait un petit studio de répet’ au sous-sol d’une boutique à touristes. On n’avait le droit d’y être que de 20h à 8h, quand la boutique était fermée. Alors on vivait la nuit et on y faisait du bruit. On discutait, on vidait des cannettes, on fumait, et on se montrait des trucs à essayer sur la batterie et les guitares. C’était un endroit un peu magique.

C’est donc toujours avec une boule de chaleur au creux du ventre que je retrouve les rues humides de cette ville, et que je marche le long de la rivière Lee. Cette fois, j’ai essayé de ne pas me laisser trop distraire et d’aller à l’atelier (presque) tous les jours pour créer un nouveau fanzine. J’avais dans l’idée de parler des femmes qui connaissent les herbes, les fleurs et les racines, qui se réunissent pour traverser ensemble les champs et les forêts, et se transmettent leurs savoirs et leurs histoires depuis des centaines d’années. Pendant une résidence de création textile que j’ai faite en Septembre en Arménie sur ce thème-là, j’ai rencontré Artsvik Avdalian. Une jeune artiste arménienne qui, alors que je passais du temps à coudre à la main et à me piquer les doigts, faisait des croquis des plantes locales utilisées traditionnellement pour la cuisine, le soin, la teinture… (j’y reviendrai dans un autre post)

Grâce à l’invitation de l’équipe de Cork Zine Fest (c’est vraiment trop important les gens qui nous donnent du temps et de l’espace pour créer des trucs) j’ai pu dessiner et écrire ce fanzine, et inclure les dessins d’Artsvik. Toutes les copies sont parties lors de l’événement et avant que je n’aie le temps de le prendre en photo. Mais bientôt, promis, je le réimprime et je vous le montre.

En attendant, merci de m’avoir lue et quittons-nous avec une bande-son et quelques photos (presque toutes argentiques) d’Irlande, comme ça on fait semblant de vivre dans un film. <3


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